Samsung vient de dégainer une carte que personne n’attendait vraiment dans le monde du stockage. Le BM9K1, son nouveau SSD PCIe 5.0 en QLC, embarque un contrôleur maison basé sur l’architecture open source RISC-V. Oui, Samsung abandonne ARM pour piloter ses futurs SSD. Et franchement, ça change pas mal de choses.
Annoncé ce 28 mars 2026, ce SSD n’est pas un simple refresh de specs. C’est un virage stratégique qui pourrait bien redéfinir la façon dont on conçoit les contrôleurs de stockage grand public.
À SAVOIR
RISC-V est une architecture de processeur open source, contrairement à ARM qui nécessite des licences payantes. Son adoption dans un SSD grand public Samsung est une première et pourrait réduire les coûts de production à terme.
Les faits
Le Samsung BM9K1 affiche des chiffres qui parlent d’eux-mêmes :
- Interface : PCIe 5.0 NVMe
- NAND : QLC (Quad-Level Cell)
- Vitesse de lecture séquentielle : jusqu’à 11,4 Go/s — soit 1,6 fois plus rapide que le BM9C1 (PCIe 4.0)
- Contrôleur : architecture RISC-V propriétaire Samsung (remplace ARM)
- Efficacité énergétique : +23 % par rapport à la génération précédente
- Capacités prévues : 512 Go, 1 To et 2 To
- Lancement : prévu pour 2027
Samsung explique que le passage au RISC-V permet une optimisation firmware bien plus fine pour la gestion du QLC NAND et les patterns d’E/S spécifiques à l’IA. On n’est plus dans le simple stockage de fichiers : Samsung positionne clairement ce SSD pour ce qu’ils appellent le « personal AI computing ».

Ce que ça change
Le vrai sujet ici, ce n’est pas les 11,4 Go/s — même si c’est impressionnant. C’est le choix du RISC-V.
Jusqu’ici, tous les contrôleurs SSD grand public reposaient sur des cœurs ARM. Samsung, Phison, Silicon Motion, tout le monde payait sa licence ARM et bâtissait ses contrôleurs dessus. En passant au RISC-V, Samsung prend le contrôle total de son architecture sans royalties. Ça veut dire plus de flexibilité dans le design, des coûts réduits à terme, et surtout une optimisation sur mesure pour les workloads IA qui débarquent sur nos machines.
Côté concurrence, le seul autre SSD PCIe 5.0 en QLC annoncé est le Micron 3610, dévoilé au CES en janvier. Il atteint 11 Go/s en lecture et 9,3 Go/s en écriture. Samsung prend donc une légère avance sur la lecture, mais on attend les chiffres d’écriture du BM9K1 pour comparer équitablement.
ATTENTION
Le BM9K1 est un modèle OEM destiné aux constructeurs. Samsung n’a pas encore annoncé d’équivalent grand public (type 9200 Pro). Ne vous attendez pas à le trouver en magasin avant 2027.
Notre avis
On va être honnêtes : ce SSD ne va pas changer votre vie en 2026. Il est prévu pour 2027, c’est de l’OEM, et le QLC reste du QLC — avec ses limites en écriture soutenue que Samsung ne mentionne étrangement pas dans son annonce.
Mais le vrai game-changer, c’est le signal envoyé par Samsung au marché. Quand le plus gros fabricant de NAND au monde dit « on n’a plus besoin d’ARM pour nos contrôleurs SSD », ça va faire réfléchir toute l’industrie. Phison et Silicon Motion, qui fournissent des contrôleurs à la quasi-totalité du marché, doivent déjà se poser des questions sur leur dépendance à ARM.
Et puis il y a l’angle IA. Samsung ne positionne pas ce SSD comme un simple disque rapide — ils parlent de « personal AI computing ». On commence à voir émerger une nouvelle catégorie de stockage optimisé pour les workloads IA locaux (inférence de modèles, RAG, traitement de données). Si vous pensez que l’IA va rester dans le cloud, Samsung n’est clairement pas de cet avis.
Ce qu’il faut surveiller maintenant : l’annonce d’un équivalent grand public (probablement un Samsung 9200 Pro) et surtout les benchmarks réels d’écriture séquentielle et aléatoire. C’est là que le QLC a toujours péché — et c’est là que le RISC-V devra prouver qu’il fait mieux qu’ARM.